Les catholiques vont reproduire le chemin de croix dans les rues de Soissons

Don Vincent Clavery, vous êtes le curé de la paroisse Saint-Sixte, à la cathédrale de Soissons et vous organisez une manifestation particulière ce vendredi. De quoi s’agit-il ?

Vendredi, c’est le vendredi saint, jour où on célèbre la mort du seigneur Jésus sur la croix. Le chemin de croix, c’est s’unir à ce que le christ a vécu. cela a un aspect de pèlerinage. Il n’y a pas cet aspect sanguinolent que l’on peut voir aux Philippines ou en Espagne.

Vous organisez un chemin de croix sur la voie publique. Comment cela va-t-il se passer ?

On va se déplacer à travers 14 stations, 14 lieux où on s’arrête. Durant tout le temps du Carême, déjà, chaque vendredi, nous organisons un chemin de croix, à 15 heures dans la cathédrale. Le vendredi saint, il y a ce chemin de croix mais pas à 15 heures pour permettre aux gens qui travaillent, aux collégiens et aux lycéens de pouvoir participer. Nous le faisons donc de 12 h 15 à 13 h 15. On part de la cathédrale, puis on prend la rue de Panleu, puis rue Racine, l’avenue Thiers et on remonte à Saint-Jean-des-Vignes. Les 14 stations seront marquées par des grands calicots faits par les collégiens de Saint-Paul et les élèves du lycée Saint-Rémy.

C’est une première ?

Non, c’est la deuxième fois que nous organisons cela . On l’a fait l’an dernier et il y avait environ 200 personnes. Ce qui nous a motivés, c’est le monde qu’il y avait chaque vendredi à 15 heures.

Pourquoi sur la voie publique ? C’est une manière de revendiquer sa foi ?

C’est une expression de la foi et de conviction sur la voie publique comme on peut le faire dans le champ de la laïcité, sans que ce soit du prosélytisme. On ne distribuera pas de tract. On ne revendique rien. La foi catholique n’a pas besoin de revendiquer. Nous n’avons pas eu de commentaire de l’extérieur l’an dernier mais de l’intérieur, les gens nous ont confié qu’ils étaient contents de vivre quelque chose paisiblement en dehors de nos murs.

Qui dirigera la procession ?

On peut parler d’une procession même si ce n’est pas le terme exact. J’en suis l’organisateur car je suis le curé de la paroisse mais celui qui la présidera, c’est Monseigneur de Renauld de Dinechin.

Propos recueillis par

Ludivine Bleuzé-Martin

De plus en plus de monde à la messe

Selon le curé de la paroisse Saint-Sixte, c’est-à-dire celui qui célèbre la messe dans la cathédrale de Soissons, Don Vincent Clavery, « il y a un renouveau, c’est vrai. Mais je constate aussi qu’il manque une génération : les 45-60 ans. Ce sont les grands absents. »

Ceux qui viennent ou reviennent à la pratique religieuse « sont des jeunes couples et pas mal de jeunes. Nous avons beaucoup d’enfants de chœur à la cathédrale. Il y a aussi beaucoup de recommençants, des baptisés qui n’ont ensuite pas eu de cheminement et qui reviennent ». Il y a aussi de nouveaux pratiquants. Samedi soir, pour la veillée pascale, à 21 heures à la cathédrale, deux adultes seront ainsi baptisés.

Alors quand on pose la question de la crise de la foi catholique à Don Vincent, celui-ci répond : « Ça fait 20 ans que je suis prêtre et que j’entends que dans 10 ans, il n’y aura plus personne à la messe. Et les gens sont encore là. »

Ce « renouveau » qu’il constate à Soissons, « Ça déjoue tous les calculs statistiques. je pense qu’il y a une réponse de l’Église car dans le cœur de tout homme, il y a cette question du sens de la vie ».

Pour le curé de la paroisse Saint-Sixte, c’est un signe d’espoir : « Les seuls records qu’on a à Soissons sont souvent négatifs. Ce renouveau des croyants montre qu’il y a un potentiel et que la ville est prête à repartir ».

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