Boxe : dernier combat victorieux pour Manny Pacquiao

Après le décevant «combat du siècle» perdu face à son grand rival américain Floyd Mayweather, en mai 2015, Pacquiao est descendu du ring pour la dernière fois de sa carrière, à 37 ans, en vainqueur éclatant d'un combat sans enjeu. Même s'il n'a pas offert à ses fans le KO qu'il leur avait promis, il a quand même envoyé deux fois Bradley au tapis et a emporté une large victoire à l'unanimité des juges (116-110, 116-110, 116-110).

Le Philippin signe ainsi sa 58e victoire, dont 38 avant la limite, pour 6 défaites et 2 nuls. Après avoir vécu enfant dans la rue, il s'est lancé dans la boxe professionnelle en janvier 1995 pour une bourse de 1 000 pesos (19 €) avant d'amasser par la suite une fortune estimée à 500 millions de dollars (plus de 440 millions d'euros), dont 20 millions (17,5 millions d'euros) pour son combat d'adieux.


Las Vegas (Nevada, Etats-Unis), samedi. Manny Pacquiao célèbre sa victoire contre Timothy Bradley Jr. (AFP/John Gurzinski)

«Je me sentais bien. A chaque round, c'était excitant. Je me suis senti comme quand j'ai commencé à boxer ici, aux Etats-Unis, en 2001», a commenté Pacquiao, qui n'était plus apparu sur un ring depuis sa défaite aux points contre Mayweather. Son entraîneur souhaiterait qu'il continue et estime qu'il a la forme pour, mais Pac-Man, son surnom, souhaite se consacrer à la politique. «Je pense toujours que c'était mon dernier combat. J'en ai fait la promesse à ma famille. Peut-être que j'apprécierai ma vie de retraité de la boxe, ma nouvelle vie destinée à aider et servir mon peuple», assure le seul boxeur a avoir été champion du monde dans huit catégories de poids différentes.

Pacquiao, qui met fréquemment en avant ses convictions chrétiennes, est un exemple national aux Philippines grâce à son parcours, passant par une naissance dans une famille pauvre, la vente de doughnuts et l'obtention d'une bourse gouvernementale en intégrant l'équipe nationale de boxe amateur. «Nous l'applaudissons et le remercions d'avoir à nouveau prouvé que les Philippins ont le courage et le talent pour relever les défis dans l'arène mondiale», a déclaré Herminio Coloma, porte-parole du président philippin, Benigno Aquino.

Le boxeur et le président ne sont pourtant pas du même bord puisque Pacquiao, déjà député, brigue un fauteuil de sénateur sous l'étiquette de la formation d'opposition UNA. «Son bilan de boxeur est plus important pour les Philippins que son bilan en circonscription», observe le politologue Ronald Holmes. Et la controverse suscitée en février par ses propos homophobes, qui lui ont valu de perdre son sponsor Nike, devrait être sans impact sur sa trajectoire politique.

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