09h38 La Chine va construire sur un récif disputé avec les Philippines, affirme un journal hongkongais (AFP)

La Chine va construire cette année un nouvel avant-poste sur un récif de mer de Chine méridionale également revendiqué par les Philippines, une tentative de renforcer sa présence dans ces eaux de plus en plus disputées, a affirmé lundi un journal hongkongais.

L'avant-poste sera installé sur le récif de Scarborough ("Huangyan", en chinois), situé à 230 km (140 milles) à l'ouest de Luzon, la principale île des Philippines, selon le South China Morning Post (SCMP), qui cite une source anonyme proche de l'armée chinoise.

Pékin considère comme territoire national la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, y compris des zones situées près de pays voisins, et a construit au cours des dernières années des îles artificielles afin d'appuyer ses revendications de souveraineté.

Les Philippines affirment que Scarborough se trouve dans leur zone maritime exclusive de 200 milles, et qu'à ce titre leur souveraineté est donc incontestable.
Mais la Chine contrôle le récif depuis 2012, et Pékin repousse les pêcheurs philippins s'en approchant, selon Manille.

La source citée par le SCMP estime que l'avant-poste chinois permettra à Pékin de "parfaire" sa couverture aérienne en mer de Chine méridionale, sous-entendant la construction d'une piste atterrissage sur le récif.

Cette publication intervient dans un contexte tendu, un tribunal international d'arbitrage devant rendre sa décision prochainement sur les différends territoriaux opposant Manille à Pékin en mer de Chine méridionale. L'article fait également suite à la récente annonce par les États-Unis et les Philippines qu'ils mèneront des patrouilles communes dans la région.

Le projet de construction chinois a probablement été accéléré par le jugement imminent de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, estime la source citée par le journal. "La Chine se doit de reprendre l'initiative en raison des tentatives de Washington de contenir Pékin en établissant une présence militaire permanente dans la région", d'après la source anonyme.

Washington a envoyé ces derniers mois des navires de guerre croiser à proximité d'îles contrôlées par Pékin, assurant ainsi défendre la "liberté de navigation" face à la "militarisation" opérée par l'armée chinoise.
La Chine rejette les critiques américaines, et accuse les États-Unis de renforcer les tensions.

Le Vietnam, Brunei, la Malaisie, les Philippines et Taïwan ont également des revendications -- qui se chevauchent parfois -- sur des parties de la mer de Chine méridionale, dont les fonds pourraient receler d'importantes réserves de pétrole.

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